Microsoft a 40 ans : W10, Translator, HoloLens, Open Source

A 40 ans, Microsoft doit se réinventer

Il y a un an, à l’aube de ses 40 ans, Microsoft s’est choisi un CEO, Satya Nadella, chargé de donner un nouveau cap au cargo de plus de 123 000 collaborateurs. Toujours conseiller technique du groupe, le co-fondateur, Bill Gates, a adressé aux salariés un message braqué sur le futur, évoquant le moment où les ordinateurs et les robots pourront interagir naturellement.

Microsoft a fêté ses 40 ans ce week-end. A cette occasion, son co-fondateur Bill Gates a adressé un message aux salariés du groupe de Seattle. S’il a quitté l’an dernier la présidence de la société, il reste conseiller technique de l’actuel CEO, Satya Nadella, ce dernier ayant opéré en un peu plus d’un an un changement de cap au sein de la société en s’ouvrant à d’autres plateformes que Windows et en versant certaines technologies dans l’Open Source, dont son framework de développement .Net.

A 40 ANS, MICROSOFT DOIT SE RÉINVENTER

Très tôt, avec son co-fondateur Paul Allen, Bill Gates avait pensé que chacun aurait un jour un ordinateur sur son bureau et chez soi. Dans son message, il le rappelle sans s’y attarder car c’est l’avenir de Microsoft qui l’intéresse, écrit-il. La technologie informatique va évoluer plus vite dans les dix prochaines années qu’elle ne l’a jamais fait encore et s’infiltrer partout. « Nous approchons le point où les ordinateurs et les robots pourront voir, bouger et interagir naturellement en ouvrant la voie à de nombreuses applications nouvelles », pointe l’ancien CEO. « En tant que conseiller technique de Satya, je participe à l’analyse de produits et je suis impressionné par la vision et le talent que je vois. » Pour lui, le résultat est évident dans des produits comme l’assistant vocal Cortana, l’outil de traduction Skype Translator ouHoloLens, le casque de réalité augmentée qui exploitera Windows 10. Ce dernier permettra d’intégrer des hologrammes en haute définition à des espaces physiques réels pour interagir avec ces créations graphiques en trois dimensions. « Et il ne s’agit que de quelques-unes des innovations qui sont en cours de réalisation », assure Bill Gates en concluant « ce qui compte le plus maintenant, c’est ce que nous allons faire demain ».

Microsoft a fêté ses 40 ans ce week-end

Cortana, le Siri version Microsoft

Pour cette Build 10041, annoncée dans un blog, Microsoft a également étendu Cortana, sa technologie de reconnaissance vocale, à plusieurs autres pays – et langues donc – dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Grande-Bretagne et la Chine. Un moteur qui permet de trouver plus facilement des apps, fichiers ou des recherches web, mais également des paramètres. En cliquant sur l’icône Réseau, l’utilisateur a aussi accès aux paramètres réseau pour pouvoir se connecter plus rapidement à des réseaux sans fil.

CORTANA, LE SIRI VERSION MICROSOFT

Outre une amélioration de l’application Photos (intégration des photos issues de OneDrive, support du format .RAW, nouveaux raccourcis pour ouvrir et naviguer dans les photos…), un écran de saisie pour stylet a aussi fait son apparition, à la manière de ce qui existe déjà dans les tablettes Surface de la firme de Redmond. A noter aussi l’apparition d’un écran original de verrouillage qui devient un endroit de partage de « trucs et astuces » et autres bonnes choses à savoir sur Windows 10 pour permettre aux utilisateurs de mieux connaître et utiliser cet OS.

Skype Translator, la traduction en temps réel

Skype Translator, la traduction en temps réelLa branche Skype de Microsoft vient de laisser filer la bêta de son service Skype Translator, qui propose une traduction presque en temps réel d’une langue à l’autre.

Depuis une dizaine d’années, Microsoft travaille sur un outil capable de traduire en temps réel des conversations IP entre deux locuteurs de langues différentes. Le rachat de Skype en 2011 a permis au géant de Redmond de regrouper sous la célèbre marque les activités de R& D sur le sujet. Skype Translator permet aux utilisateurs d’avoir des conversations téléphoniques en direct à travers différentes langues. Quand un interlocuteur parle à un correspondant de langue étrangère, une voix informatisée offre une traduction à l’autre utilisateur. Une transcription apparaît également dans une barre latérale à côté de la fenêtre principale de chat vidéo. Pour l’instant, cette bêta se limite à l’anglais et l’espagnol pour la transcription de la voix – le français, l’allemand, le russe, le chinois et le japonais sont aussi attendus – même si elle prend en charge plus de 40 langues pour les conversations en messagerie instantanée.

Pour fonctionner, cette bêta – sur invitation uniquement pour l’instant – nécessite un PC animé par Windows 8.1 ou Windows 10 Technical Preview. Il est possible d’obtenir une invitation en s’inscrivant sur une liste d’attente sur le site web de Microsoft.

Microsoft va affiner les traductions en appuyant sur les commentaires des utilisateurs

Microsoft va affiner les traductions en appuyant sur les commentaires des utilisateurs

Une étape importante pour Microsoft

Pour développer ce service, Microsoft s’appuie sur des ressources cloud pour le calcul et l’apprentissage machine pour saisir la différence contextuelle entre des mots comme « there’re » et « their », et éliminer les interjections comme « heu » qui viennent naturellement dans la conversation. Il est en effet particulièrement difficile de traiter les bégaiements, les pauses, les déformations de mots et l’argot qui sont le lot des conversations naturelles. Même si Microsoft n’a pas complètement résolu ces questions, l’arrivée d’une version bêta de sa solution est une étape importante. Pendant cette période de test, Microsoft va affiner les traductions en appuyant sur les commentaires des utilisateurs et l’apport de transcripteurs humains.

On ne sait encore pas quelles langues Microsoft prévoit de soutenir prochainement, ou quand  Skype Translator  sera disponible au plus grand nombre. Et l’éditeur n’a pas encore indiqué quel sera le modèle tarifaire de son service.

HoloLens, naviguez dans le futur

Microsoft a profité de son événement consacré à Windows 10 pour présenter ses derniers développements en matière d’hologrammes, d’imagerie 3D et de réalité augmentée. Une annonce surprise qui n’a pas manqué de produire son petit effet.

HOLOLENS, NAVIGUEZ DANS LE FUTUR

« Nous rêvons des hologrammes », a lancé Alex Kipman, chercheur chez Microsoft et  père de la Kinect, au moment de dévoiler un éventail de technologies qui vont amener l’imagerie 3D et la réalité augmentée sur Windows. Et les hologrammes sont certainement la plus grosse surprise de la conférence Microsoft de mercredi consacrée à Windows 10. La firme de Redmond a présenté trois technologies qui vont fonctionner ensemble : Windows Holographic, qui va apporter l’imagerie 3D dans toutes les futures builds de Windows 10. Windows HoloLens, un casque pour voir et interagir avec des images 3D, ainsi qu’HoloStudio, une application qui permettra de concevoir ses propres hologrammes.

un homme portant un casque HoloLens et jouant à une version 3D de Minecraft

Dans une vidéo, Microsoft a présenté les possibilités de ses nouvelles technologies : un homme portant un casque HoloLens et jouant à une version 3D de Minecraft, une femme portant également ce casque traversant un bureau et parlant à un collègue sur une image flottante devant elle… Dans un contexte plus « conventionnel », un rapport météo s’affiche avec des données d’imagerie 3D augmentée. « HoloLens est la technologie holographique la plus avancée au monde », s’est réjouit Alex Kipman. Ce casque sera totalement sans fil et embarquera ses propres CPU et GPU haut de gamme ainsi qu’une troisième puce HPU pour Holographic Processing Unit.

Concevoir des hologrammes avec les doigts

« Il comprendra vos gestes et la voix et sera en mesure de mapper l’espace qui se trouve tout autour de vous », a promis le chercheur. « Contrairement aux solutions de réalité augmentée que nous avons vues jusqu’à présent, HoloLens ne nécessitera pas de marqueurs, de caméras externes, d’être connecté à un téléphone ou à un PC pour l’aider à traiter les données et téraoctets d’informations en provenance de tous ses capteurs et, ce, en temps réel ». Pour ce qui est de la démonstration temps réel de Windows Holographic et de l’HoloLens, Microsoft a montré une personne construisant un robot volant en utilisant une sorte de boîte à outils 3D flottant dans son champ de vision. Enfin, HoloStudio a également été dévoilé. Il s’agit d’une application permettant de réaliser ses propres hologrammes, ce qui réjouira les fans de Star Wars pour recréer celui de la Princesse Leia demandant de l’aide à Obi Wan Kenobi…

Il s’agit d’une application permettant de réaliser ses propres hologrammes

Le prochain Windows 10 a beau toujours être en bêta, l’ajout d’hologrammes, d’imagerie 3D et de réalité augmentée propulse le système d’exploitation de Microsoft loin devant MacOS X et Chrome OS en changeant la façon dont les individus utilisent les ordinateurs dans leur vie courante. Avec la firme de Redmond, le futur pourrait bien n’avoir jamais été aussi proche.

L’Open Source pour Microsoft, un rêve qui devient réalité

Un ingénieur de Microsoft a laissé entendre qu’une telle option n’était pas exclue : « C’est du domaine du possible ». Une annonce choc à l’occasion des 40 ans de l’éditeur de Redmond. En savoir plus sur l’Open Source.

L’OPEN SOURCE N’EST PAS SYNONYME DE SUCCÈS

Il n’y a pas si longtemps, Microsoft avait tout de l’éditeur aux antipodes du logiciel libre. Steve Ballmer allait jusqu’à qualifier Linux « de cancer », et Bill Gates n’avait pas de meilleure opinion de la philosophie Open Source en général. Mais depuis, le monde a changé. Satya Nadella, le CEO de Microsoft, a ouvertement déclaré son amour pour Linux, l’éditeur a fait passer son framework .NET en Open Source pour les développeurs, et Linux est aujourd’hui bienvenu dans son service cloud Azure. De même, l’éditeur offre de plus en plus de produits libres aux utilisateurs de plates-formes concurrentes. À se demander si Windows pourrait passer sous licence libre un jour prochain ! Mark Russinovich, un ingénieur émérite de Microsoft pense apparemment qu’un tel événement pourrait se produire. « C’est certainement du domaine du possible », aurait déclaré l’ingénieur à son auditoire lors de la conférence ChefCon qui s’est tenue à Santa Clara la semaine dernière (31 mars – 3 avril). Justifiant : « C’est le « nouveau » Microsoft ».

Mais l’éditeur lui-même n’a encore rien cédé. « Microsoft n’a établi aucune politique, ni aucun business modèle en matière d’Open Source et ne prévoit aucun changement pour Windows », a déclaré un représentant de l’entreprise par courriel vendredi. Cependant, le simple fait qu’une telle éventualité soit sérieusement évoquée dans un forum public montre à quel point le monde du logiciel a changé. « L’Open Source n’est plus une menace comme c’était le cas pour ma génération de dirigeants. Au cours des 15 dernières années, pour la nouvelle génération, le logiciel libre est clairement devenu une ressource », a déclaré Rob Enderle, analyste principal, Enderle Group. « Et, alors que l’ancienne génération laisse progressivement sa place, les dirigeants actuels partagent de plus en plus ce point de vue plus positif », a-t-il ajouté. Un autre élément qui pousse dans ce sens, c’est la nécessité pour Microsoft de faire de Windows un concurrent d’Android, un terrain où « l’Open Source est incontournable », a encore déclaré l’analyste. « Tous ces facteurs réunis, plus un changement de leadership chez Microsoft et un paysage concurrentiel en rupture, obligent clairement à reconsidérer la façon de livrer, soutenir, et faire payer Windows », a-t-il ajouté. « Et ce n’est qu’une des importantes évolutions du produit auxquelles nous allons probablement assister ».

L’OPEN SOURCE POUR MICROSOFT, UN RÊVE QUI DEVIENT RÉALITÉ

L’Open Source n’est pas synonyme de succès

« Bien sûr, le fait de livrer un morceau de code en Open Source ne suffit pas pour rendre un produit plus compétitif », fait remarquer Al Gillen, Vice-Président, Program, Servers et System Software, d’IDC. « Pour qu’un transfert de code propriétaire à la communauté Open Source soit payant, le seul fait de passer le code dans le secteur public ne suffit pas », a-t-il ajouté. « Il faut avoir la capacité de rallier une communauté autour du produit, d’inciter les développeurs à contribuer à l’effort de développement afin de faire évoluer la technologie ». Les entreprises doivent également suivre, et offrir un support commercial pour les portions du code Open Source. Or, « aujourd’hui, une offre de support différencié n’est pas suffisante pour gagner sur la concurrence », a-t-il encore déclaré.

De plus en plus, les revenus de Microsoft proviennent des services cloud et moins des licences logicielles

Microsoft livre déjà Windows gratuitement pour les petits terminaux (écran de moins de 8 pouces), de sorte que, très probablement, si Windows devait basculer dans l’Open Source, la libéralisation commencerait par ce type de dispositifs – téléphones et petites tablettes – des secteurs où Microsoft est déjà confronté à des défis de monétisation », a ajouté Al Gillen. « Mais, même à l’extrémité supérieure, alors que Microsoft est en train de déplacer ses clients vers un modèle de services sous Azure, il devient moins important pour l’éditeur de monétiser directement le logiciel Windows », fait encore remarquer le vice-président d’IDC. « De plus en plus, les revenus de Microsoft proviennent des services cloud et moins des licences logicielles, avec notamment la vente de nombreux services connexes comme Office 365, OneDrive, Bing, etc. », a-t-il ajouté. « Donc, on peut logiquement se dire que Microsoft pourrait très bien passer Windows en Open Source dans… 10 ans peut-être. Oui, ça paraît possible ».

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